Acte I : Madame est comblée!


"C'est l'effet papillon, petite cause, grande conséquence..." Ces paroles de Bénabar pourraient résumer l'histoire du projet de ces combles.
Si vous n'êtes pas lépidoptère dans l'âme mais plutôt ludophile ou adepte des sports d'hiver, on parlerait alors plus volontiers de "l'effet dominos" ou de "l'effet boule de neige".
Peu importe.



Tout a débuté avec un besoin d'isoler le toit de la maison dans un souci écologique certes, mais aussi, on ne va pas se mentir, pour alléger les factures de chauffage. Renseignements pris et avantages gouvernementaux aidant, il est apparu logique dans la même foulée d'isoler les murs des combles.





Cet espace niché sous les toits présentait un volume finalement intéressant et atypique propice à l'agrandissement de la maison. L'idée faisait son chemin, réalisant que de le rénover et de l'aménager serait l'occasion du même coup de s'offrir des pièces que l'on n'aurait pas imaginé auparavant... 








Puisqu'on isolait le toit et les murs, il aurait été dommage de ne pas tout habiller de Placoplatre. Mais le plancher aussi était à refaire. Qu'à cela ne tienne! Depuis la naissance du deuxième enfant, les propriétaires n'avaient plus de chambre d'amis, donc plus d'amis... Depuis que le fils ainé avait eu la merveilleuse idée de faire de la batterie, ils n'avaient plus de bureau non plus... Et cette furieuse envie d'avoir un salon de vidéo projection, pourquoi ne pas faire de ce rêve une réalité?







Ainsi la simple isolation du toit, des murs, la réfection du plancher n'allaient pas pouvoir se concrétiser sans l'installation en parallèle d'une salle de bain, car les amis restent des amis si l'on prend soin d'eux; non plus sans l'installation d'un poêle à bois car regarder un film avec Hugh Grant sur grand écran est encore plus appréciable au coin du feu...



...sans la pose de fenêtres de toit aux proportions généreuses qui permettent de baigner les combles d'une douce lumière naturelle; sans la mise en réseau de l'électricité car même si les soirées aux chandelles sont un atout charme, la découverte de James Watt reste vitale au XXIème siècle.



Petite cause, grandes conséquences donc... Aménager cet espace mansardé allait donner une deuxième vie à cette maison et une deuxième jeunesse aux propriétaires bien trop heureux de se lancer à corps perdus dans un projet ambitieux en prenant le temps de choisir chaque matériau, chaque objet, de penser une décoration soignée pour cet espace bonus aux volumes généreux, sur lequel ils ne comptaient pas au départ.



Après réflexion, il allait falloir bien exploiter ce lieu, l'optimiser au mieux pour accueillir une chambre d'amis, un bureau ouvert, un salon dédié au cinéma et un espace voué à la passion musicale de l'ainé de la famille.




Cette mission devint un véritable défi, eu égard aux murs en pente, au manque de lumière, aux poutres mal placées et à la distribution mal aisée des demis niveaux. Il fallut s'armer de patience et de courage pour métamorphoser en quelques mois ces combles perdus, initialement condamnés à rester un simple grenier de stockage, en un véritable espace à vivre, mêlant habilement toutes les fonctions demandées et les désidératas des membres de la famille. 









Pour la rénovation, même si le propriétaire a su réaliser la majeure partie des travaux, il fallut  aussi faire appel à des professionnels. Pour l'aménagement, les amis fidèles vinrent prêter main forte à la hauteur de leurs compétences, le tout rythmé par des repas fort sympathiques. L'instant crucial et délicat restait la réalisation en MDF de cette ingénieuse estrade desservant tous les niveaux de la salle principale : un véritable casse-tête résolu, une pièce stratégique et névralgique de l'aménagement qui plaçait l'architecte du jour à la place de véritable héros.




Pour la décoration, il était logique de la penser personnellement, en mettant en valeur l'existant comme la pierre et le bois, lui ajoutant du métal qu'un ferronnier d'art local se chargea de réaliser avec brio. Cette décoration serait donc simple, bercée de tonalités neutres, scandée de touches vitaminées.







Toute la famille devrait s'y sentir à son aise, l'investir sans retenue. 

Seules quelques pièces maîtresses pourraient personnaliser l'atmosphère du lieu : une carte ancienne de géographie, renvoyant à la passion des maîtres de maison, un meuble de métier chiné, tout droit venu du Portugal mais difficilement hissé sous les toits comme la baignoire en fonte de la chambre d'amis, une vieille malle de famille, un bureau conçu et réalisé entre amis à la manière des tables de drapier et enfin un luminaire aux proportions de la pièce.













Cette suspension est l'œuvre d'Elsa Somano, créatrice d'"objets lumineux". Il a été créé et fabriqué sur mesure, à la demande des clients.



En aluminium, il laisse apparaître des motifs uniques en perforation : ici des planisphères et des sites touristiques intimement liés aux propriétaires.



Tous les objets lumineux d'Elsa Somano sont confectionnés dans son atelier à Lyon, de la découpe à la mise en forme, au montage électrique et aux perforations. Outre l'aspect technique de ces créations, c'est la poésie de son univers qui transparait et sa première passion qu'est l'architecture. Elle se plait d'ailleurs à le rappeler :
"La création et la mise en fabrication d'un objet lumineux se conçoivent comme un projet en architecture à l'échelle d'un orfèvre."



Quoiqu'il en soit, ce luminaire a l'art de magnifier la pièce, a permis à la chrysalide de devenir papillon, clin d'œil ultime au butterfly effect!


Au final, la petite cause initiale du besoin d'isoler le toit, qui reste assurément une grande cause pour la planète a engendré une grande conséquence pour cette maison : elle s'est agrandie, s'est épanouie. Elle répond dorénavant à tous les besoins de la famille qui a pu retrouver ses amis et surtout à la maîtresse de maison qui a su voir dans ce projet le moyen d'assouvir sa passion pour la décoration. Madame est comblée!



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