Acte II : L’hôtel de l’Abbaye, l’éloge de la sérénité et du style en plein cœur de Lyon



Il existe mille et une façons de se « mettre au vert » quand tous les signaux sont au rouge. Lorsque l’urgence se fait sentir de faire une pause, de s’éloigner du tumulte de la vie, on peut décider de se retirer à la campagne. Moi, j’ai décidé de faire ma retraite en plein cœur de la ville de Lyon, sur la presqu’île. J’ai trouvé ma bulle hors du temps : l’hôtel de l’Abbaye d’Ainay qui a su me faire garder la foi en la décoration et faire vœux de silence face à tant d’élégance.

La presqu’île de Lyon ne se résume pas à sa prestigieuse place Bellecour et ses rues commerçantes.



 Même si elles confèrent à cette partie de la ville, à juste titre d’ailleurs, ses lettres de noblesse, ce quartier dévoile de nombreux trésors à chaque coin de rue. Celui d’Ainay en est un bel exemple : avec sa basilique, sa voûte côté Saône et les vestiges de ses remparts.



Lorsque je m’écarte de la fourmillante rue Victor Hugo, c’est une toute autre atmosphère qui me surprend, celle du calme et du charme des vieilles pierres. 




Une merveille d'architecture et d'histoire

En longeant le mur d’enceinte de la Basilique Saint-Martin d’Ainay, j’aperçois qui se dessine à travers les arbres, un bâtiment absolument magnifique : trois étages tout en pierres blanches, une façade percée d’ouvertures stylisées, arquées en plein cintre au premier étage, trilobées au second, le tout orné de sculptures romanes ou de colonnes antiquisantes.




 C’est une merveille d’architecture et d’histoire.





 Si j’hésitais encore à y entrer, le tintement des cloches de la Basilique, la statuette de Saint-Martin qui m’observe depuis l’angle et la quiétude surprenante de la place d’Ainay finissent par me convaincre à choisir cet ancien presbytère du XVIème siècle pour me recueillir, me reposer, me mettre le temps d’une nuit à l’écart du monde agité.









Dès les premières marches de l’entrée, le lobby de ce boutique hôtel est élégant, accueillant sans ostentation déplacée.




 Les tonalités sont rassurantes et la réception intimiste. Le terrazzo au sol version XXL est du plus bel effet.



 J’aperçois d’un côté le salon du Café Basilic et de l’autre la salle du restaurant de l’hôtel, l’Artichaut.






Un lieu authentique et plein de charme

 Je suis curieuse de tout découvrir et suis rassurée. Mes premières minutes dans cet établissement sont convaincantes. Le lieu est authentique et plein de charme, il a su conserver l’âme d’antan et ses murs chargés d’histoire tout en insufflant un second souffle vivifiant de modernité. Il ne me reste plus qu’à découvrir ma chambre pour être éperdument conquise. 




Inauguré à l’été 2019, cet hôtel compte 21 chambres de 15 à 32 m2. Il a fallu neuf mois de travaux pour réhabiliter les 900 m2 de l’édifice qui a même été une école au début du siècle dernier. Ce n’est peut-être pas innocent au fait que je m’y sente si bien… 

L’escalier central dessert trois niveaux pour des chambres aux ambiances différentes.




 Au premier étage, les années 70 sont au rendez-vous. Au troisième étage, l’atmosphère est plutôt mix and match avec des pièces chinées qui confèrent aux espaces un esprit cocon savoureux.




 Pour ma part, j’ai élu domicile au second où la promesse d’une signature contemporaine risque de me séduire.


Une décoration à la signature contemporaine

En ouvrant la porte de la suite, la lumière me surprend, même si elle est atténuée par d’élégants voilages.





 La belle hauteur sous plafond et les quatre grandes fenêtres donnent une impression d’espace et de clarté. A peine ma valise déposée, la vue attise ma curiosité.



 Immédiatement, j’ouvre rideaux et fenêtres pour découvrir la vue depuis ma chambre.


 A quelques mètres seulement de moi l’imposante basilique du XIIème siècle, dernier vestige de l’historique abbaye.



 Je n’ai d’yeux que pour elle. Je ne me suis même pas attardée sur la décoration de l’intérieur de ma chambre, ce qui ne m’arrive jamais, au grand jamais, tellement cette vue me bouleverse. Je suis en face à face avec un joyau architectural, témoin de l’histoire depuis l’époque mérovingienne.

 Je remercie alors intimement le Père Gaucerand qui a décidé, à la fin du XIème siècle d’édifier cette église abbatiale et surtout Arthur Laueffer, l’actuel propriétaire de l’hôtel qui, par l’audace de son projet un peu fou de réhabilitation, permet d’offrir aujourd’hui l’hospitalité aux humbles hôtes que nous sommes et l’incroyable privilège de séjourner en face de cette époustouflante bâtisse avec toute la plénitude et l’histoire qui s’en dégagent. Henri IV a même séjourné à l’Abbaye à l’occasion de son mariage avec Marie de Médicis ! J’ai rarement eu un voisin si illustre.



Allongée sur mon lit, toutes fenêtres ouvertes, je prends enfin le temps de découvrir en pleine conscience la décoration soignée de ma chambre.









Le design mis en scène

 C’est l’œuvre des décorateurs lyonnais Pierre-Emmanuel Martin et Stéphane Martin de l’agence Maison Hand qui ont su sublimer le riche passé de la maison avec élégance et délicatesse.





Le décor des chambres est sobre, stylisé et design

Le mobilier de créateurs côtoie les meubles de famille du propriétaire ou des pièces chinées aux Puces du Canal.






 Les grands noms du design ou de l’Edition sont au rendez-vous : Ligne Roset, Gervasoni, Moustache ou Driade. Ici, l’emblématique Togo de Michel Ducaroy, là le Muschroom de Pierre Paulin déposent d’emblée de leur empreinte actuelle un style assuré. 






On retrouve également des pièces spécialement dessinées par Maison Hand pour répondre au mieux au décor souhaité. Les tissus et rideaux ont été confiés aux maisons Rubelli et Bisson Bruneel, les tapisseries à Elitis. DCW Editions a été choisi pour les luminaires. Les moquettes ont été imaginées par EGE et les peintures produites par Pure & Paint. Bref, toutes les matières et le design sont maîtrisés au millimètre.






Cette décoration réussie valorise le charme historique du lieu. On ne sait d’ailleurs pas si c’est l’édifice qui met en valeur la décoration ou l’inverse. C’est juste une alchimie avertie sans anachronisme ni faute de goût. Les espaces communs n’ont pas été négligés et les teintes feutrées nous font sentir comme à la maison.






C’est d’ailleurs dans cet état d’esprit que je rejoins la salle du restaurant l’Artichaut pour continuer mon expérience « spirituelle » après avoir abusé du confort de ma salle de bain et de l’épaisseur indécente de mon peignoir.





L'artichaut, entre modernité et convivialité
Il y a de la modernité de ce côté avec les majestueuses suspensions dorées et de la convivialité avec ses tables en marbre, les immenses banquettes et le comptoir central.









 Au centre, un artichaut sous cloche donne le ton.



 Je sens que cette adresse bistronomique ouverte à tous et pas seulement aux clients de l’hôtel va me réserver de belles surprises. Côté cuisine, les senteurs me captivent.







Une cuisine fraîche du marché

 On me promet une « cuisine fraîche du marché » et le chef Jeremy Revel semble être un homme de promesse. La carte propose un poulet de Bresse rôti aux herbes, une truite juste saisie aux tomates d’antan. Je choisis un audacieux marbré de foie gras, artichaut et anguille fumée. 

Puis ce seront des ravioles de homard à l’artichaut et leur bouillon de crustacé.




 Tout est délicieusement dressé, généreusement proposé. La cervelle des Canuts me rappelle que j’ai bien choisi la capitale des Gaules comme destination. Ma tartelette au chocolat et ananas est bonne à faire pâlir ma gourmandise.





Le Basilic Café, un mix and match vitaminé
Pour éterniser ma soirée, je ne me prélasse rien que pour le plaisir au salon du Basilic Café, un véritable petit bijou de décoration.




 Un mix and match vitaminé révèle un côté un peu moins sage de l’ensemble et ce n’est pas pour me déplaire !



















Une fois remontée dans « mes appartements », après une balade nocturne des plus apaisantes dans le quartier, je me pose sur le rebord de la fenêtre et m’offre un instant d’éternité face à l’Abbatiale.



Un tête-à-tête divin






Le lendemain matin, après une douce nuit de plénitude, je retarde mon départ de ce havre de paix en dégustant un charmant petit-déjeuner dans cette belle chambre avec vue.






La preuve est ainsi faîte que l’on peut se retirer du siècle presque religieusement en plein cœur d’une grande ville. L’ascétisme ayant ses limites, je préfère pour ma part me recueillir dans une bulle de décoration juste et soignée.


 Cette vue directe sur la Basilique est un privilège qui donne au séjour un goût d’intemporel et d’exception. L’Hôtel de l’Abbaye mérite les honneurs et peut brandir l’oriflamme de son style, de sa convivialité et de son élégance.



Commentaires

  1. Toujours juste Gisèle elle nous entraîne, tourbillonne et nous montre la beauté le charme la discrétion tout en finesse ... De belles photos qui donnent envie de se perdre dans ce quartier de Lyon que j'aimerai bien découvrir à mon tour ! Alors merci Gisèle et à bientôt

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    1. Merci pour votre adorable commentaire et votre fidélité. C'est ce genre de petites attentions qui me motive à imaginer de nouveaux reportages...

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  2. Merci pour ce tête à tête divin!

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    1. Merci à vous de me lire. Je partage ces adresses avec grand plaisir surtout dans ce contexte anxiogène… A bientôt!

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  3. Tout est beau, le lieu, les photos, le texte et la belle Gisèle.. ❣️

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