Acte I : L'Appartement by Ligne Roset, une décoration "signature" en toute intimité

Exclusivité, Lyon 2ème, appartement, prestations haut de gamme, entièrement rénové dans un style résolument contemporain et idéalement situé rue Auguste Comte à deux pas des places Carnot et Bellecour. Coup de cœur assuré !

Un lieu intime et inspirant

Il ne s’agit pas d’une nouvelle annonce immobilière lyonnaise mais bien de la description du nouveau concept « l’Appartement » de Ligne Roset, un lieu intime et inspirant qui présente aux architectes d’intérieur, décorateurs et clients sensibles au raffinement à la française, une sélection de meubles iconiques, d’objets personnels et d’une palette subtile de couleurs.

C’est l’architecte Marie-Christine Dorner qui a eu carte blanche pour scénographier cinq espaces de vie conçus comme un appartement privé, se voulant confidentiel et haut de gamme, et non comme une simple boutique. Elle a dû poser un regard singulier et créatif sur cette coquille vide et sur les collections de la marque, choisir volontairement une sélection limitée de pièces intemporelles de la marque et les mixer avec des pièces iconiques plus anticonformistes. A ce sujet, l’architecte se confie :

 « Imaginer cet appartement a été un exercice passionnant qui m’a permis de créer un lieu de vente avec un supplément d’âme.»


Un supplément d'âme

Ce supplément d’âme, elle a su habilement le distiller en invitant la galerie lyonnaise Le Réverbère à imaginer une proposition photographique spécialement pensée pour le lieu, où les clichés construisent autant l’espace que les meubles et les couleurs. Ces tonalités, Marie-Christine Dorner les a souhaitées volontairement sombres et profondes. Elle s’est associée pour se faire à l’Atelier Meriguet-Carrère et à ses palettes si subtiles, habitué à réaliser et restaurer les décors de lieux d’exception, aussi bien de demeures privées que de monuments historiques. 

Ces partis-pris et collaborations ont su rendre encore plus floue la limite entre un showroom traditionnel et un intérieur privé, et pas n’importe quel intérieur… Je vous propose tel un agent consciencieux de vous en faire la visite, en prenant soin d’en dresser un état des lieux des plus exhaustifs et de déclencher un véritable coup de cœur mobilier… et immobilier !


Des meubles "signature"

Dès que l’on franchit la porte de l’Appartement, deux espaces salon s’offrent à nous et je ne peux m’empêcher de me projeter immédiatement. J'abandonne sans même le vouloir mon rôle d'agent immobilier et deviens séance tenante l’invitée d’un lieu d’exception.


 Je m’installe dans un premier temps sur le délicat canapé Taru de Sebastien Herkner qui me semble confortable et accueillant, le temps de prendre un thé. 


La méridienne face à moi est tapissée jusqu’au piètement, un détail a priori anodin mais dans les faits totalement fidèle à la finition haut de gamme de la marque. Ce salon est réchauffé par un immense tapis persan appartement à la famille Roset. Ma tasse fumante est posée sur la table basse Lewa.

 



Je sens que je vais prendre le temps de bouquiner et m’intéresser aux livres exposés dans l’élégante et imposante bibliothèque modulaire Book and Look imaginée par Pagnon et Pelhaître. 


Initialement prévues pour être plutôt accolées les unes aux autres, les étagères à casiers sont ici dissociées et ainsi magnifiées. Quelle bonne idée de la part de Marie-Christine Dorner !  Cela confère à la composition à la fois majesté et légèreté : elle se marie à merveille avec le ton Zingoline de chez Meriguet-Carrère qui met en scène la composition.


Le temps passe vite quand on se sent bien quelque part… Le jour a décliné sans crier gare. Nous passons alors, mon hôte et moi-même, au deuxième salon pour prendre l’apéritif et refaire le monde. 

Je ne peux m’empêcher de m’affaler sur le généreux canapé Ploum des illustres et intrépides frères Bouroullec tant il m’a l’air confortable !


 J’ai l’impression d’être lovée dans un véritable nid et l’extrême souplesse du contact ne cesse de me ravir. Une ambiance chaude et automnale entre en résonnance avec la couleur de ce canapé et la photographie Finlande de Géraldine Lay. 


Mon hôte a préféré présider dans le fauteuil crème et rouge Astair de Pierre Charpin. 


Il a pris soin auparavant de sortir verres et bouteilles des armoires aux lignes épurées Utopia d’Eric Jourdan faites de placage en noyer et merisier véritables façon marqueterie, symbole du savoir-faire à la française. 


Des parti-pris architecturaux

Il est temps à présent de passer à table. En nous dirigeant vers la salle à manger, je fais ma curieuse et suspends mon regard sur l’espace bureau.

 Qu’il est élégant ce mythique bureau Tanis imaginé par Pierre Paulin, réédité aujourd’hui pour notre plus grand plaisir.

 La gracile bibliothèque Fil du même designer s’accorde à merveille en arrière-plan. 




Le coloris des murs Hubert ne vient que parfaire la décoration. Cette teinte était incontournable pour l’architecte chargée du projet. Elle signifie à elle seule l’espace et lui confère une singularité et une allure indiscutables.


Je monte ensuite les trois marches et emprunte le couloir. La jonction est marquée par les couleurs et les matières. 




Le parquet laisse la place au terrazzo sombre ; un peu plus loin, la teinte Hubert s’encanaille avec le motif cannage du papier peint Dialogue 4 du même éditeur qui met habilement en scène un joli mouvement de tressage. 


En passant, je me permets discrètement de me repoudrer le nez dans le miroir-valet Geoffrey d’Alain Gilles à la fois minimaliste et spectaculaire. 


Tel un gardien des lieux, le fauteuil Anda de Pierre Paulin nous accueille. 


Je m’installe sur une des quatre chaises TV  du même créateur. 



Je prends plaisir à découvrir la galerie de photos présentée tout autour de moi sous la lumière des suspensions signées Pierre Guariche. 

Il s’agit de la sublime série Dérive des rives de Béatrix Von Conta, un regard singulier porté sur le paysage lyonnais et ses fleuves.


 Pour le service, mon hôte sort un plat du bahut Coplan de Pagnon et Pelhaître faisant la part belle à nouveau à la délicatesse de la marqueterie. Le dessert englouti, je prends congé et m’empresse de regagner ma chambre, un véritable écrin. 


D’emblée, la teinte bitume, déjà présente au plafond des salons, se retrouve ici de manière encore plus prégnante. 


La délimitation plus claire à mi-pièce insuffle un esprit alcôve des plus raffinés. 


La chauffeuse en velours Elysée de Pierre Paulin, le valet porte-manteau Estanda en noyer américain et laiton signé Busetti Garuti Redaelli ainsi que le miroir Good vibes d’Ana Moussinet apportent une délicate touche à cette ambiance boudoir. 





Mais la pièce maîtresse reste le lit Ruché d’Inga Sempé dont le point « ruché » avec son arrêt de piqure rappelant un succulant effet nid d’abeille en fait toute la signature. 




Je m’enveloppe dans les draps délicats, comme protégée par le matelassage capitonné de la tête de lit, pose ma montre sur le bout de canapé One shape imaginé et détourné ici malicieusement par Marie-Christine Dorner elle-même. Je me laisse alors happer par les bras de Morphée…


Le lendemain matin, à regret, je rassemble mes affaires et prends le temps de m’alanguir dans le jardin d’hiver qui me donne une ultime leçon de style et de couleurs. 


Sur la cimaise haute teintée de « Zingoline » s’égrène une série de photographies de la Galerie Le Réverbère qui dialogue avec la desserte « Elysée » jaune vitaminé de Pierre Paulin, l’élégant vase « Samouraï » turquoise de Marie-Aurore Stiker et le canapé du designer Philippe Nigro baptisé « Hémicycle » en référence à la fois à sa forme géométrique et à l’Assemblée Nationale, vu qu’il fait partie de la collection du Mobilier National. 



Ainsi, face aux voluptueux voilages aux motifs géométriques pensés par Ronan & Erwan Bouroullec, je réalise combien la Maison Ligne Roset a su évoluer au fil du temps et rester à l’avant-garde de la création et du savoir-faire à la française.


Une saga familiale 

Quand je pense qu’en 1860, alors que l’on construisait la Gare du Nord, que Manet peignait sa Nymphe surprise, qu’Offenbach composait son opérette Daphnis et Chloé, que la Comtesse de Ségur écrivait ses Mémoires d’un âne, que Louis Pasteur étudiait le processus de fermentation de la levure et que naissait Tchekhov, Antoine Roset, arrière-grand-père des dirigeants actuels, garçon de café de son état, décidait de tenter sa chance dans l’Ain pour monter une petite fabrique de cannes pour ombrelles laquelle deviendrait le point de départ de cette grande aventure familiale.

 Après s’être orienté vers la fabrication de sièges en bois, en cuir, avoir su profiter du contexte de la reconstruction d’après-guerre en développant du mobilier pour les collectivités, ce n’est véritablement que dans les années 1970, en pleine explosion créative avec Jean Roset, que la marque telle qu’on la connait, non conventionnelle, sort son épingle du jeu en se redirigeant vers la clientèle privée et en collaborant avec les plus grands noms du design.


En 160 ans, la marque Ligne Roset est devenue le symbole d’une élégance de vie, l’empreinte d’un luxe signé des plus grands talents du design contemporain à travers le monde. Ce premier éditeur-fabricant-distributeur de mobilier français décline aujourd’hui tout un art de vivre. 

Un concept audacieux

L’Appartement lyonnais, sis au 41 rue Auguste Comte, en est une vitrine intime sur la presqu’ile de la capitale des Gaules. Ce lieu permet de se projeter, d’imaginer ou mieux de rêver à l’instar de l’expérience que je viens de vivre… La scénographie imaginée par Marie-Christine Dorner est une vraie réussite d’audace et d’élégance, d’inhabituel et de tradition.

 Ce nouveau concept novateur imaginé par Ligne Roset ne peut être qu’un pari audacieux gagnant, un essai transformé. Transformé, il le sera un jour puisque l’idée originelle est de confier régulièrement les clés de ce lieu à d’autres architectes ou décorateurs de talent pour tout réinventer et récrire une nouvelle page blanche. 

Je le quitte à regret et pense sur le seuil de cet Appartement hors du commun à Le Corbusier qui disait : « La vie ne s’arrête jamais. Le tourment des hommes sera éternel, à moins que la fonction de créer, d’agir et de changer, de vivre intensément chaque jour ne soit considéré comme une joie éternelle. » Alors dans le contexte sanitaire ambiant, encourageons les créateurs à imaginer encore, à s’exprimer à foison. Nous nous contenterons, grâce à eux, d’être heureux… éternellement !


L’appartement by Ligne Roset

 41, rue Auguste-Comte 

69002 Lyon










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